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Auteur: Vaneigem, Raoul
Titel: Le chevalier, la Dame, le Diable et la Mort
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Le dernier livre de Raoul Vaneigem est une invite à vivifier le combat de la subjectivité contre sa propre corruption, façon d'élargir la vieille lutte de classe. "On est peu de chose." Cette parole, souvent chuchotée et maintes fois entendue à l'occasion de la mort d'un proche, d'une connaissance, vient à l'esprit lorsqu'on referme `Le Chevalier, la Dame, le Diable et la Mort', de Raoul Vaneigem. Non pas que la lecture du dernier livre de cette figure du situationnisme nous ait tétanisés par la proximité de Thanatos, non, c'est tout le contraire, tellement la conscience de la vie sourd d'entre toutes les pages ! Simplement, la pensée nous effleure que nous aurions tort de remettre à demain ce que l'on pourrait faire dans notre vie même. En général, des choses jugées sans importance par nos sociétés, mais tout à fait indispensables du point de vue de ce qui nous fonde : l'humanité. Substituer la volonté de vivre à la volonté de puissance, voilà le projet situationniste auquel Vaneigem n'a pas dérogé. Créé dans les années soixante, le situationnisme, mouvement indissociablement artistique et politique, entendait procéder à une critique radicale de la société de consommation et de sa mise en spectacle, en même temps qu'à son dépassement. On sait ce que cette Internationale du genre humain, dont la méthode la plus connue visait à la construction de situations nouvelles, doit à Guy Debord, auteur de `La Société du spectacle', ainsi qu'à Raoul Vaneigem, auteur du `Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations'. On sait aussi, ainsi que le rappelle Vaneigem, que les situationnistes furent touchés par " la congélation des sentiments humains dont le sectarisme s'autorisait sous couvert de radicalité ". Et de s'interroger : " Comment l'inhumanité a-t-elle pu s'installer dans la tentative la plus radicale et la plus pertinente à ce jour de fonder une société où les hommes construiraient leur destinée en brisant le joug de l'aliénation économique ?" Vaneigem l'expose devant nous afin de mieux s'en affranchir d'une manière définitive. Comment ? En faisant, à la manière de Goethe, sienne cette idée première selon laquelle le but, c'est le chemin. Un cheminement où l'on apprend à " savoir jusqu'à quel point notre inattention ou notre mépris de la vie nous incline à vouloir ce qui tue au lieu de désirer ce qui crée ". Un parcours où l'on s'essaye à mille petites choses de l'existence trop souvent délaissées, et qui pourtant contribuent à " transmuter l'homme en être humain ". Un trajet qui enseigne que " le bonheur qui cesse d'être un combat se résigne au malheur du monde, qui le tue ". En d'autres termes, qu'il n'est pas possible lorsque, comme Vaneigem, on partage l'idée " d'un temps qui va quelque part ", formule de Levinas que rappelait Jean-Claude Guillebaud dans ces colonnes il y a peu, de dissocier la volonté de changer sa vie d'avec celle de changer le monde. Vaneigem écrivait déjà dans le Traité : " La lutte du subjectif et de ce qui le corrompt élargit désormais les limites de la vieille lutte des classes. Elle la renouvelle et l'aiguise. " Dans les bouleversements anthropologiques que nous vivons, cette question, déjà posée par les surréalistes et bien d'autres, apparaît, pour les progressistes, d'une potentialité brûlante.
2003, 261 pag., Euro 21,59
Le cherche midi, Paris, ISBN 2749101360


This page last updated on: 13-1-2015