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Auteur: Richards, Vernon
Titel: Enseignement de la révolution espagnole
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Ce n’est pas un livre d’histoire, mais un livre anarchiste d’analyse politique, de la « politique menée par la CNT-FAI, après juillet 36, qui fut en contradiction ouverte avec ce que l’organisation avait toujours affirmée ». La base de la critique de V. Richards « n’est pas que les idées anarchistes se soient démontrées irréalisables dans l’expérience espagnole, mais que les anarchistes et les syndicalistes espagnols n’ont pas réussi à mettre en pratique leurs théories, adoptant au contraire la tactique de l’ennemi ». Richards ne réécrit pas l’histoire de la Révolution espagnole, mais il en tire les leçons pour les "insurrections de demain". Il ne dit pas ce qu’il fallait faire, mais ce que sans doute il ne fallait pas faire, car, comme l’écrit S. Faure (cité par lui) : "il n’est pas toujours possible de faire ce qu’il serait nécessaire de faire, mais je sais bien qu’il y a des choses qu’il est absolument nécessaire de ne jamais faire". Dans cette optique, Richards rappelle "que là où les moyens sont autoritaires, les buts de la société future, véritable ou rêvée, seront autoritaires et on n’arrivera jamais à la société libre. De la violence comme moyen naît la violence ; du culte de la personnalité comme moyen, naissent les dictateurs - grands ou petits - et les masses serviles ; du gouvernement - même avec la collaboration de socialistes et d’anarchistes - naît plus de gouvernement encore. Est-il sûr d’autre part, que de la liberté comme moyen naît plus de liberté et peut-être la Société Libre? À ceux qui disent que cela condamne à la stérilité politique et à la Tour d’ivoire nous répondons que leur réalisme et leur "circonstancialisme" mènent invariablement au désastre". Avec cet état d’esprit Richards analyse, en particulier, les élections de février 36 (où par leur campagne anti-électorale timorée les anarchistes appelèrent implicitement à voter Front populaire) ; le dilemme dictature anarchiste ou collaboration (que les leaders de la CNT-FAI tranchèrent en acceptant le maintien du Président de la Catalogne dans ses fonctions et la participation au Comité des Milices en établissant une représentation proportionnelle des forces, non représentative des forces réelles) ; la participation de la CNT aux gouvernements catalan et central ; les "journées de mai" à Barcelone (durant lesquelles les "militants influents de la CNT-FAI" obligèrent la CNT à toutes les concessions qui furent payées en retour par le non-respect des promesses faites par les autorités : les gardes d’assaut ne se retirèrent pas du central téléphonique, mais en occupèrent tous les étages, les otages pris par le gouvernement ne furent pas relâchés et certains furent même exécutés) ; la militarisation des milices ; la corruption du pouvoir ; le culte de l’Organisation et de la personnalité. Tous les points abordés sont passionnants et en tant que libertaires nous interpellent encore aujourd’hui (voir notamment dans la conclusion le très intéressant passage sur les rapports entre les anarchistes et les syndicalistes à la lumière de ce qu’ils furent en Espagne).
1997, 223 pag., Euro 19
Acratie, La Bussière, ISBN 9782909899091


This page last updated on: 13-1-2015